Votre job partenaire
 

Blog de Splenday

Actualité Parce que les TPE/PME sont le réservoir d’emplois des économies

par
avatar
 
Philippe BERTRAND

1303 vues

Juin 09 2015
Toutes catégories confondues, la France compte plus de 5 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi. Pourtant, les hommes politiques dans leur ensemble semblent impuissants. Si le gouvernement ne peut pas empêcher la cessation d'activité d'entreprises privées, au moins peut-il stimuler la création d'activités, donc d'emploi. Comment ? Il ne peut jouer que sur la compétitivité des entreprises. Certaines pistes sont à travailler.

La rigidité du marché du travail et la fiscalité des entreprises sont, en des temps de perte de confiance dans la croissance économique, des freins à l'embauche. Mais il existe un levier qui pourrait être bien plus efficace, surtout sur le long terme; la confiance dans les entrepreneurs français ! Certes un barème d’indemnités, une harmonisation des seuils, la refonte des accords de maintien dans l’emploi, les sacrifices temporaires de son personnel sur les salaires, le temps de travail etc…sont importants mais la confiance est absolument consubstantiel au capitalisme entrepreneurial.

Ces patrons de PME ou de TPE, qui ne comptent pas leurs heures pour développer leur activité, qui sont aujourd'hui incités fiscalement à ne pas embaucher au-delà de 10 ou de 50 salariés, ce sont eux qui feront sortir la France de la crise. Leur capacité d'adaptation et d'innovation sont des atouts pour notre économie.
Ces héros du quotidien, malmenés par la crise, sont pourtant les premiers employeurs de France. Malgré la crise, ils réussissent tous les jours à faire preuve d'ingéniosité en innovant. Ces innovations mises bout à bout entraînent toute l'économie dans leur sillage par la multiplication d'externalités positives.
Depuis 50 ans, les mesures législatives et les aides de l’Etat ont essentiellement concerné les grandes entreprises. Intervenir sur les grandes entreprises est visible immédiatement. Intervenir, sur les petites entreprises souvent très différentes, relève d’une action à moyen terme, peu lisible. Car les gouvernements agissent essentiellement dans l’urgence et à court terme et ne mesurent donc pas forcément l’importance du soutien aux PME. Lorsque Renault ferme une usine en Belgique, la presse s’enflamme. Quand, dans le même temps, l’artisanat du bâtiment perd 150 000 emplois du fait de la crise de l’immobilier personne ne s’émeut.
Et pourtant les petites entreprises sont au cœur de notre économie. Elles sont même au cœur de notre République et de ses valeurs - liberté, égalité, fraternité.

Liberté : la liberté d’entreprendre, la liberté du commerce et de l’industrie font partie des valeurs constitutionnelles de notre République. Elles remontent à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est même cette liberté d’entreprendre qui a permis de fonder notre développement économique. Ce sont les entreprises qui créent la richesse. Pourtant, il est vrai que cette liberté d’entreprendre a besoin de règles pour ne pas disparaître.

Egalité ensuite : l’entreprise est le câble principal le long duquel évolue l’ascenseur social. C’est là que se joue la promotion sociale, la lutte contre les inégalités de destin. Il y a bien sûr les carrières salariales dans l’entreprise. Mais il y a surtout l’entrepreneuriat. Et il n’y a pas que Microsoft. Il y a également tout le tissu des PME qui ont réussi. Sodebo par exemple, qui fabrique des plats cuisinés (pizzas …). Créée par un charcutier il y a 30 ans en Vendée, c’est maintenant une entreprise de 400 millions d’euros de CA, avec près de 2000 salariés. L’entreprise demeure, avec l’école, l’un des véritables lieux de transmission des savoirs ou des savoir-faire pour tous et toutes. En cela, elle concourt à l’égalité des conditions face au savoir. Elle n’est d’ailleurs pas assez reconnue pour cela, d’où la nécessité d’améliorer la validation des acquis professionnels.

Fraternité enfin : notre société est une société du travail qui se caractérise par un cœur hyperproductif, pédalant de plus en plus vite, et de plus en plus étroit, et une périphérie de plus en plus grande, rejetée dans les marges du chômage et du sous-emploi. Il est nécessaire de casser cette logique destructrice pour société. L’entreprise est, avec la famille, le principal lieu de création de lien social et interpersonnel. De lien inter-générationnel aussi, comme en témoigne l’exemple séculaire du « compagnonnage ». Elle est aussi facteur d’intégration des populations de nos banlieues en difficulté.

Parce que les TPE/PME sont le réservoir d’emplois des économies, il faut un réseau très dynamique. En France par exemple, elles représentent 2.4 millions d’entreprises de moins de 20 salariés. Elles ont créé plus de 2 millions d’emplois en dix ans. Les entreprises de plus de 100 salariés ont détruit dans le même temps 1.2 millions d’emplois ! Cela devrait suffire pour que nos élus régionaux songent à les aider davantage. De plus les TPE/PME ont un impact positif sur le développement territorial parce qu’elles créent des emplois sur l’ensemble de l’hexagone et contribue ainsi à rééquilibrer l’activité économique. Partout ailleurs les grandes entreprises qui sont plus internationales, créées des emplois surtout à l’étranger. La répartition des activités économiques ne peut se concevoir qu’à partir d’un tissu de PME / TPE suffisamment dense, de la zone industrielle des petites villes aux « pôles de compétitivité » (cluster high tech Silicon Valley, distrito industrial italiens du meuble, du vêtement …). Mais le tissu PME/TPE, c’est aussi une autre version du capitalisme.
Une nouvelle entreprise créée après un vrai parcours du combattant et qui part chercher ses clients, qui recrute son premier employé : c’est en quelque sorte le capitalisme créatif.
La PME, que son dirigeant fait vivre de A à Z, des factures à payer jusqu’à la relance des clients : c’est le capitalisme entrepreneurial.
La mutuelle, dans laquelle les sociétaires sont les clients et partagent le « profit » sous forme de baisse de prix égale pour tous, est une forme plutôt aboutie du capitalisme social. L’association de recherche qui collecte des fonds pour financer la recherche sur une maladie orpheline par exemple constitue un modèle de capitalisme associatif finalement.

Cette journée est donc essentiel pour l'avenir de notre économie et nous attendons tous avec impatience les mesures annoncées par le gouvernement.
Par Pascal de Lima et Philippe Bertrand
Laisser un commentaire
 
submit to reddit
 
<- Revenir au blog